HUMIDTROPICS / Intensification / Interview / Mali / West Africa

Rencontre avec Bougouna Sogoba, Directeur de l’Association Malienne d’Eveil au Développement Durable (AMEDD)

Bougouna, Sogoba, Directeur de l'ONG AMEDD

Bougouna, Sogoba, Directeur de l’ONG AMEDD (Photo credit: AMEDD)

(English version below)

L’Association Malienne d’Eveil au Développement Durable (AMEDD) est un partenaire important dans le cadre de la mise en oeuvre des activités sur projet Africa RISING sur le terrain. L’ONG participe activement dans la mise en oeuvre des activités du projet notamment dans la région de Sikasso. Dans le cadre de l’atélier de planification du projet tenu à Bamako du 3 au 5 février 2014, nous avons posé quelques questions à son Directeur.

 

Qu’est-ce que le projet Africa RISING et quelle est l’implication de l’ONG AMEDD au sein de cette initiative ?

Le projet Africa RISING est un projet de recherche qui vise à produire des innovations et des technologies d’intensification durable de l’agriculture pour améliorer les conditions d’existence des populations rurales. Nous avons participé en 2012 à l’atelier de lancement du projet au Ghana et avons contribué à l’ensemble des activités de planification par paquets technologiques (incluant les systèmes de productions des céréales sèches, des légumineuses, d’élevage et de nutrition).

Quel paquet de technologies vous intéresse plus?

Le paquet technologique sur la nutrition nous intéresse particulièrement parce que l’ONG AMEDD s’occupe de ce volet qui consiste à mettre en œuvre des approches et des modules qui permettent à des producteurs d’avoir des connaissances approfondies sur la nutrition des enfants (de zéro à cinq ans) et des femmes.

Comment contribuez- vous à ce paquet de technologies qui s’occupe de la nutrition de la mère et de l’enfant?

Le paquet comprend des activités dont l’exécution regroupe des chercheurs et des organisations non gouvernementales notamment AMEDD et Afrique Verte (qui œuvrent dans la zone de Sikasso) et MOBIUM (qui travaille dans la zone de Bougouni).

L’ONG AMEDD que je dirige, est particulièrement impliqué dans des essais variétaux avec les paysans. Ces essais permettent aux producteurs d’apprécier les différentes opportunités existantes et de modifier leurs systèmes de production. Egalement, nous élaborons des modules pour la formation des groupes de femmes en nutrition à travers des démonstrations culinaires avec les représentantes des quartiers dans les villages.

Ces formations se font d’une façon très pratique à travers la préparation de repas hautement nutritifs à partir d’ingrédients locaux (comme c’est le cas de la bouillie enrichie). L’ONG dispose également d’une équipe très bien formée dans le développement de vidéos. Dans le cadre du paquet technologique sur la nutrition, nous avons développé des vidéos sur l’alimentation des enfants de zéro à douze mois. Les femmes peuvent visionner ces vidéos pour apprendre à préparer cette bouillie enrichie. La vidéo a été produite en différentes langues nationales pour permettre à chaque paysanne d’avoir accès à ces connaissances appropriées sur l’alimentation des enfants à bas âge. Six cent femmes ont déjà été touchées à travers ces formations pratiques et ces vidéos.
Vos impressions en général sur le projet Africa RISING?

C’est un ensemble de technologies à disposition des acteurs et utilisateurs des résultats de recherche, nous pourrons mesurer l’impact du projet sur les conditions d’existence des populations rurales au bout de cinq ans.

Quels sont les défis?

C’est vrai qu’il s’agit d’un projet de recherche, mais il faudrait que tous les acteurs soient impliqués à la même hauteur dans le développement de ces recherches. Il y a souvent une tendance à produire des innovations et développer des technologies en occultant la diffusion de celles-ci. Les ONG qui sont très capables, et disposent d’agents qui font de la recherche doivent aussi avoir accès à des ressources importantes pour faire de la dissémination à échelle des résultats scientifiques. Si l’on produit des résultats et qu’ils n’existent pas de ressources prévues pour les porter à échelle, cela reviendra à faire de la recherche traditionnelle, qui consiste à produire des résultats de recherche que pour les publications scientifiques.

Aussi j’interpelle les partenaires pour qu’ils tiennent davantage compte du développement de l’environnement : souvent les gens n’ont pas la capacité d’investissement pour avoir accès à l’engrais pour faire cette culture ; quelquefois, les femmes n’ont pas accès à un espace aménagé pour faire leurs cultures. Afin que les résultats de recherche ne restent pas dans les tiroirs, il faudrait une stratégie efficace de dissémination et de ressources conséquentes pour ce faire.

Que peut-ont faire pour améliorer davantage les activités du projet Africa RISING?

Souvent, nous avons l’impression que les structures nationales et ONG sont inféodées à la recherche, occupant une partie minime du partenariat. Cela doit être considérablement corrigé car ce sont ces acteurs qui doivent emmener les résultats à l’échelle. Et comme dit précédemment, il est important de prévoir des investissements dans les infrastructures pour faciliter l’accès des producteurs à des équipements, assurer leur mise en relation avec les autres acteurs du marché agricole. Ce sont des défis très importants que le projet Africa RISING peut prendre en considération.

Propos recueillis par Agathe Diama, ICRISAT


 

L’Association Malienne d’Eveil au Développement Durable (AMEDD) is an important partner helping implement Africa RISING project activities on the ground. This Non-governmental organisation (NGO) is actively involved in project activities in the Sikasso area. Agathe Diama (ICRISAT Mali) interviewed AMEDD Director, Mr. Bougouna Sogoba, during the planning and review meeting for West Africa held in Bamako 3-5 February 2014.

What is Africa RISING in your view, and what is the role of AMEDD in it?

Africa RISING is a research project aiming at developing innovative technologies for sustainable intensification, so as to improve the livelihood of rural people. AMEDD took part to the launch workshop in Ghana and has contributed to planning and developing technology work packages (including dry cereal, legumes, livestock and nutrition production systems).

Which technology work package are you most interested in?

Nutrition technology is particularly interesting to us since AMEDD deals with implementing approaches and modules that allow producers to have a deep understanding about women and child nutrition (for children under five years of age).

How do you contribute to this technology ‘work package’ on maternal and child nutrition?

This package comprises researchers and non-governmental organizations such as AMEDD and Afrique Verte (active in the Sikasso area) and MOBIUM (active in the Bougouni area).

AMEDD, the NGO I lead, is dealing particularly with farmer cultivar trials. Those trials allow producers to understand existing opportunities and to modify their production systems. Similarly, we elaborate nutrition training modules for women groups via culinary demonstrations with representatives of different village areas.

Those training events are very practical: they cover the preparation of highly nutritive meals based on local ingredients (such as rich porridge). Our team is well versed in producing videos. In the nutrition work package, we have produced videos on the nutrition of children aged 0 to 12 months. Women can view these videos to learn how to prepare that rich porridge. The video was produced in different national languages so each woman farmer would be able to access appropriate information about early age child nutrition. Six hundred women have already been reached through these training sessions and videos.

What are your general impressions about Africa RISING?

It’s a set of technologies that are available for various actors who want to use research results ; we will be able to assess the project impact against the livelihood of rural populations in five years.

What are the challenges?

Although it is a research project, all actors should be equally involved in the development of research activities. There is a general tendency to produce innovation and develop technologies but forgetting to disseminate these. Competent NGOs that comprise research staff should also access important resources to ensure the dissemination of scientific results at scale. Achieving research results without having funds to scale them up is just as well as carry out conventional academic research aiming at achieving publication in scientific journals.

This is why I would like to remind our partners that they should better bear in mind the context in which we work: often people do not have any capacity to invest and have access to fertilizers for a given culture; Sometimes women do not have access to a space dedicated for their crops. If research results are meant to stay out of dusty cupboards, we need an effective dissemination strategy endowed with significant resources.

What can we do to improve Africa RISING activities?

We are often under the impression that national structures and NGOs are tagged onto research and actually have a minor role in the partnership. This should change significantly because these are the actors that have to bring results to scale. As I said earlier, we have to ensure there are resources and infrastructures to help producers access equipment and connect with other value chain actors. These are major challenges that Africa RISING can take into account.

(Article by Agathe Diama, International Crop Institute for the Semi-Arid Tropics)

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s