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Entretien avec Clarisse Umutoni, étudiante doctorante avec ILRI

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Clarisse Umutoni, étudiante doctorante avec ILRI, et partenaire du projet Africa RISING

(English version below)

Clarisse Umutoni, étudiante doctorante avec ILRI

Le projet Africa RISING couvre des compétences diverses dans le contexte de l’intégration des activités de recherche pour le développement. Lors de l’atélier de plannification du projet tenu à Bamako du 3 au 5 Février 2014, nous avons rencontré quelques acteurs. Dans les prochaines lignes, Clarisse Umutoni, étudiante doctorante avec ILRI répond à nos questions.

Quel rapport existe entre vos études et les objectifs du projet d’Africa RISING ?
Mes activités de recherche cadrent bien avec les objectifs du troisème paquet de technologies d’Africa RISING sur la gestion des ressources naturelles qui sont des atouts essentiels pour améliorer la productivité au niveau des exploitations. Dans le cadre de mon doctorat, je mène les activités qui cadrent avec la gestion durable des ressources naturelles pour améliorer la productivité du bétail en zone Soudano-Sahélienne du Mali. Mes travaux couvrent les communautés de Namposséla, Sirakelé et Zanzoni dans le cercle de Koutiala et les communautés de Diéba, Sibilira et Yorobougoula dans les cercles de Bougouni-Yanfolila.

L’une des activités menées porte sur l’identification les conventions locales existantes pour la gestion de ressources naturelles et l’analyse de leurs faiblesses et forces. En effet, les conventions locales sont des accords qui réglementent l’utilisation des ressources naturelles entre les utilisateurs de ces ressources.

Nous menons également des enquêtes sur les pratiques de transhumance au niveau des communautés pour documenter les perceptions locales des agriculteurs, des pastoralistes sédentaire et pastoralistes en transhumance sur les tendances de la transhumance dans la communauté, les pratiques actuelles de la transhumance dans la communauté , les avantages et les contraintes de la transhumance au niveau de la communauté mais aussi pour saisir l’impact de la mobilité des animaux sur les ressources naturelles mais aussi sur le genre.
Aussi, nous travaillons sur les conflits liés à l’utilisation des ressources naturelles. Il s’agit le plus souvent de confrontation découlant d’utilisation des ressources naturelles entre les producteurs et comment les paysans parviennent à les gérer. Notre objectif est d’identifié les options que les paysans ont mis en place ou peuvent utiliser pour mieux gérer les conflits qui surgissent entre eux par rapport à l’utilisation des ressources naturelles.

Nous tenons compte des méthodes que producteurs utilisent pour résoudre les conflits (à travers les chefs de villages, conseillers et certains membres respectés de la société) et nous explorons des options adaptées à l’évolution du temps. En identifiant ce qui se fait sur le terrain, nous pourrons vraiment intervenir pour apporter une amélioration. Nous allons travailler également avec des experts en gestion des conflits pour former certains acteurs clés (aussi bien des hommes que des femmes) au niveau du village pour améliorer leur savoir-faire dans la gestion des conflits liés à l’utilisation des ressources naturelles.

Nous avons eu à conduire une activité sur l’Évaluation ressources alimentaires existantes en matière de production de ruminants. Pour faire une partie de cette activité, nous avons utilisé une méthode développée par ILRI: FEAST (Feed Assessment Tools).

Un mot sur l’outil que vous utilisez pour les enquêtes de terrain?

FEAST (Feed assessment tool), est une méthode systématique utilisé pour évaluer la disponibilité des ressources alimentaires locales et leur utilisation. Cet outil permet d’évaluation les ressources alimentaires du bétail dans un système intégrant l’agriculture et l’élevage en milieu paysan. C’est un outil qui permet d’avoir un aperçu strict et rapide sur le système de l’agriculture avec un accent particulier sur les aspects des ressources alimentaires disponibles pour bétail. Il permet aussi d’évaluer les contraintes et les opportunités pour l’amélioration des systèmes d’alimentation du bétail et d’avoir les informations quantitative sur la production agricole et animale, disponibilité des aliments utilisés pour nourrir les animaux et enfin d’avoir les informations qualitative – perception sur la qualité des aliments.

Africa RISING veut utiliser cet outil pour développer des stratégies innovatrices pour une utilisation efficace des ressources localement disponibles, pour élaboration de stratégies pertinentes pour améliorer l’alimentation et la productivité des animaux et aussi pour adapter des systèmes d’élevage aux ressources alimentaires localement disponibles. Déjà, nous avons utilisé FEAST en procédant à des entretiens de groupe et individuels de 72 paysans.

Comme un des résultats de cette activité, il s’agit de contraintes majeures dont font face l’élevage dans nos zones d’étude. Une de ces contrainte est rareté des disponibles alimentaires pour le bétail vers la fin de la saison sèche et le début de la saison des pluies. Les éleveurs ont rapporté que bien que les résidus sont disponibles en grande quantité au début de la saison sèche, ils n’ont pas assez de moyen pour stocker une quantité suffisante d’aliment qui pourront servir plus tard vers la fin de cette saison. L’un des moyens proposés par ces éleveurs pour faire face à cette pénurie d’aliment, est de développer des options de conservation et de stockage des résidus de récoltes adoptés à leur milieu et moyens.

Un autre problème identifié est celui du manque de pistes: avec la démographie galopante les paysans utilisent les pistes pour leur exploitation et les animaux ne trouvent plus de passage pour paitre. Ils traversent les champs en piétinant et en consommant les cultures. Ceci occasionne des conflits entre producteurs et éleveurs et une baisse de productivité.

En addition, la plupart des éleveurs n’ont aucune maitrise des maladies dominantes dans leur localité et les moyens préventives qu’ils peuvent mettre en place.

Quels sont vos objectifs dans le cadre du projet Africa RISING?

Nous comptons raffiner les processus d’élaboration de conventions locales, ce qui permettra aux producteurs de bien concevoir des accords adaptées pour mieux gérer leurs ressources naturelles. Vu que ces ressources constituent la base de leurs moyens de subsistance, nous pensons que cela va également contribuer aux objectifs d’Africa RISING, c’est-dire à améliorer les conditions de vies des petites exploitations tout en conservant les ressources naturelles. Nous pensons que si les conventions locales sont bien connues, maitrisées et appliquées par les populations locales, il y aura une meilleure gestion des ressources naturelles. Il y aura une augmentation de la productivité, du rendement, des revenus pour les paysans.

Que pensez-vous des échanges au sein de cet atelier de planification?
Les échangés au cours de cet atelier sont très animés et apprenante. A travers ces échangés, il paraît clair comment les producteurs au Mali intègrent les systèmes de cultures et d’élevage. Avec le projet Africa RISING, on cherche à intensifier cette intégration en se projetant dans la durabilité.

Avez-vous une suggestion pour améliorer davantage les interventions du projet Africa RISING dans le futur?

Le projet a de bons objectifs et je souhaiterais une meilleure collaboration entre les partenaires sur le terrain des interventions pour opérer en synergie dans le recueil et l’analyse des données.

Propos recueillis par Agathe Diama, ICRISAT


Interview with Clarisse Umutoni, PhD student at ILRI

Africa RISING covers very diverse competences in trying to integrate various research for development activities. During the West Africa review and planning meeting held in Bamako (3-5 February 2014), Agathe Diama, communication specialist at ICRISAT (International Crop Research Institute for the Semi-Arid Tropics), interviewed  Clarisse Umutoni, PhD student working for the International Livestock Research Institute (ILRI).

What is the relation between your studies and Africa RISING objectives?

My research activities relate very well to the third technology work package of Africa RISING on natural resource management – which is essential to improve household productivity. As part of my PhD, I am working on improving livestock productivity in the Sudanese-Sahel zone of Mali and I am covering the communities of Namposséla, Sirakelé and Zanzoni in the Koutiala area and Dieba, Sibilira et Yorobougoula in Bougouni-Yanfolila.

One of my activities aims at identifying local conventions on natural resource management and analyzing their strengths and weaknesses. Indeed, these local conventions regulate the use of natural resources among the people using these resources. We are also conducting surveys on transhumance at community level, and we hope to document the perceptions of local farmers, agro-pastoralists and pastoralists (who are crossing these areas) regarding transhumance trends and practices in the community, advantages and constraints for the community. We also hope to assess the impact of livestock mobility on natural resources and also on gender.

Therefore, we work on conflicts that are related to the use of natural resources, typically between producers and how farmers deal with them. We hope to be able to identify the options that farmers have tried out to best deal with emerging conflicts related to natural resources e.g. making use of village chiefs, advisors and other respected community members. We are exploring options that seem timely. Looking at what is happening on the ground is really helpful to find possible improvements. We also work with conflict management experts to train some key people (men and women) at village level in dealing with natural resource management conflicts.

We have carried out come activities to assess existing feed resources for animal production. We used one of the tools developed by ILRI to do this: FEAST (Feed Assessment Tool).

Can you tell us a bit more about that tool?

FEAST is a systematic tool to assess the local availability of feed resources and their use in an integrated crop-livestock system. It provides a brief overview of the farming system with emphasis on feed resources and helps assess constraints and opportunities to improve livestock feed systems and collect quantitative information on animal and crop production, and qualitative information on the feed quality.

Africa RISING means to use this tool to develop innovative strategies aiming at an effective local animal feeding and production, to adapt livestock systems to locally available feeds. We have used FEAST through some group and individual interviews among 72 farmers.

One of the results is that we have identified some of the major livestock herding constraints in the study zones. One of these constraints is the availability of feed resources at the end of the dry season and the beginning of the rainy season. Pastoralists mentioned that despite feed residues being available in ample quantity at the onset of the dry season, they do not have adequate means to stock enough feeds for the later part of the season. One solution proposed by these pastoralists is to develop means of conserving and stocking those residues in relation to their own resources and environment.

Another constraint identified is the insufficient presence of tracks: with a sky-rocketing demography, farmers are using tracks for their farm and animals cannot find a way to graze. They are crossing fields, they trample and eat the crops. This creates conflicts between producers and pastoralists and it reduces productivity.

In addition, most pastoralists do not know how to handle diseases in their area and do not have the resources to set up preventive measures.

What are your objectives within Africa RISING?

We hope to refine the process of establishing local conventions, to allow producers to develop more adequate agreements to manage natural resources. Considering these resources are at the cornerstone of their livelihood, we think this will also help the objectives of Africa RISING, that is improving livelihood of smallholder farmers while preserving natural resources. We think that if local conventions are well understood and applied by the locals, natural resource management will improve. We hope for a rise in production, productivity an income for farmers.

What is your view about the conversations within this planning workshop?

The exchange has been very informative and engaging and it is becoming clear how Mali producers are integrating crop and livestock. With Africa RISING, we are aiming at intensifying this integration in the longer run.

Do you have any suggestion to improve Africa RISING interventions in the future?

The project is following sound objectives and I would love to see a better collaboration between partners on the ground, to achieve synergy in collecting and analysing.

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